Vaccination en pharmacie : un bilan très nettement positif

14/06/2019

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Au terme de deux années dexpérimentation, les pharmaciens ont démontré leur implication dans la campagne vaccinale contre la grippe. Les quelque 721 500 vaccinations pratiquées fin 2018-début 2019, dans les quatre régions tests Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France et Occitanie ont convaincu les autorités sanitaires de reconnaître le droit à tous les officinaux français de vacciner dès que le décret en Conseil dEtat sera paru et que la ministre de la Santé aura fixé la liste des vaccins concernés.


 

 
 
 
 
 
 
 
 

Essai transformé. Depuis le 1er mars 2019, il est acté que les pharmaciens d’officine vont pouvoir vacciner sur l’ensemble du territoire français. Une évolution logique au regard du succès rencontré, puisque 6 721(1) pharmacies se sont mobilisées durant la saison vaccinale 2018-2019 avec un engagement plus important en Occitanie où 66 % des pharmacies comportant au moins un pharmacien se sont engagées dans l’expérimentation, devant les Hauts-de-France avec 63 %, l’Auvergne-Rhône-Alpes avec 60% et enfin la Nouvelle-Aquitaine avec 55%.

Au total, 721 544 vaccinations ont été réalisées par 13 009 pharmaciens dans ces quatre régions durant la saison vaccinale 2018-2019. Les meilleurs chiffres sont obtenus par les pharmacies engagées dans la démarche qualité (étude réalisée par l’association Pharma Système Qualité). Preuve qu’une meilleure organisation de l’entreprise officinale, certifiée qualité*, permet aux titulaires de dégager du temps pour de nouvelles missions, telle que la vaccination.

 

Décret en Conseil d'État

Ces chiffres probants ont convaincu les autorités sanitaires de décider que « la vaccination ferait désormais partie des missions pouvant être exercées par les pharmaciens d’officine sur l’ensemble du territoire », explique le président du conseil central A (pharmaciens titulaires d’officine) de l’Ordre national des pharmaciens, Alain Delgutte. A condition, bien évidemment, que le pharmacien se soit préalablement formé et que l’officine dispose :

  • d’un espace de confidentialité,
  • d’un équipement adapté (bureau, chaise, point d’eau, poste informatique…),
  • d’une trousse d’urgence,
  • d’un stock de vaccins
  • et d’une gestion adaptée des DASRI (Déchets d'activité de soins à risques infectieux).


Cette avancée est conforme au texte législatif (2) qui prévoyait que les expérimentations conduites en application de l’article 66 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2017 n° 2016-1827 du 23 décembre 2016 prendraient fin le 1er mars 2019 et qu’« à compter de cette date, la vaccination ferait partie des missions pouvant être exercées par les pharmaciens d’officine sur l’ensemble du territoire ».

A un détail près. La mise en œuvre de cette mission reste subordonnée à la parution d’un décret en Conseil d'Etat. Il appartient en effet à la haute juridiction administrative de fixer les conditions d'application de cette mission. Quant à la liste des vaccinations possibles, elle sera fixée par arrêté du ministre chargé de la Santé pris après avis de la Haute Autorité de santé (HAS).

 

Impact sur les personnes à risque

A défaut de pouvoir encore mesurer réellement l’amélioration du taux de couverture vaccinale, cette vaccination par les pharmaciens a d’ores et déjà eu un impact sur les personnes à risque qui n’avaient pas été ciblées par la sécurité sociale comme les femmes enceintes et les personnes qui n’ont jamais été vaccinées contre la grippe (3).

Un atout non négligeable, puisque selon Santé Publique France (4) seuls 45,6 % des populations à risque étaient vaccinées au 25 avril 2018 ; alors que les épidémiologistes estiment que ce taux devrait être au moins de 75% pour juguler le risque de surmortalité attribuable à la grippe.

 

(1) Source : Conseil national de l’Ordre des pharmaciens

(2) Source : article 59 de la loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018

(3) Source : syndicats des pharmaciens d’officine



Et à l'étranger ?

A l’étranger, la vaccination par les pharmaciens est déjà une réalité dans plusieurs pays. Selon une étude publiée en août 2016 par la Fédération internationale
pharmaceutique (5), les pharmaciens d’officine administrent des vaccins dans près de 30% des pays.

A la suite des Etats-Unis, de nombreux pays - Australie, Canada, Irlande, Royaume-Uni, Suisse… - ont adopté cette politique au cours de la dernière décennie. Et partout où elle a été conduite, cette pratique s’est conclue par une augmentation sensible de la couverture vaccinale.

  • En Australie, dans le cadre de la première phase d’une expérimentation menée dans l’état du Queensland en 2014 et 2015, 10 900 patients ont été vaccinés contre la grippe en pharmacie. Or 15% d’entre eux n’avaient jamais été vaccinés contre la grippe et 33% ne se faisaient pas vacciner tous les ans.
  • En Irlande, la couverture vaccinale contre la grippe a augmenté de 53,8% en 2009 à 59,2% en 2013. Or, 23 % des personnes vaccinées contre la grippe en pharmacie en 2014-2015 n’avaient jamais reçu le vaccin auparavant et 83% de ces primo-vaccinés appartenaient à une catégorie à risque. Rien d’étonnant donc à ce que le public se soit déclaré extrêmement satisfait de ce service et que 99% des personnes interrogées aient indiqué qu’elles iraient probablement à nouveau voir leur pharmacien pour leur prochaine vaccination contre la grippe, à la fois par commodité en raison d’horaires d’ouverture étendus, d’un accès sans rendez-vous, d’une proximité ou encore d’un moindre temps d’attente.

 

(5) An overview of current pharmacy impact on immunization, a global report, Rapport de la Fédération Internationale pharmaceutique, publié en août 2016, réalisé par le FIP Collaborating Centre de l’University College London en février mars 2016. 45 pays étudiés.

 

Crédit photo : Adobe Stock 

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