Télémédecine : les attentes des futurs médecins

19/02/2018

/images/AdobeStock_137045341.png

La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2018 a inscrit les actes de télémédecine (*) dans le droit commun. Les médecins généralistes devraient pouvoir réaliser, dès cette année, des consultations auprès de leurs patients et demander des avis à leurs confrères spécialistes par vidéotransmission.


Inédit. À double titre. Pour la première fois, en effet, les syndicats des jeunes et futurs médecins (ReAGJIR, SNJMG, ISNAR, ANEMF et ISNI) participent aux négociations conventionnelles qui se déroulent jusqu’au printemps. Et ils sont conviés (avec leurs homologues des syndicats seniors bien sûr) à se prononcer sur deux pratiques médicales, qui jusqu’ici, ne faisaient pas partie du droit commun : la téléconsultation, qui se définit comme une consultation à distance en vidéo, et la télé-expertise qui permet à un professionnel de santé de demander l’avis d’un confrère expert, soit en direct, soit via une messagerie sécurisée. « Cette fois, nous avons une vraie voix au chapitre. Notre avis n’est pas que consultatif », se réjouit le président de l’ISNAR-IMG (Inter-syndicale nationale autonome représentative des internes en médecine générale), Maxence Pithon, syndicat qui avait d’ailleurs fait de la médecine 2.0 le thème de son congrès annuel en 2017.

Consensus global

Pour l’heure, un consensus se dégage autour de quelques idées force. Tant chez les syndicats médicaux qu’auprès de l’assurance-maladie. D’une part la téléconsultation devra s’inscrire dans le parcours de soins. Le médecin traitant en sera donc la porte d’entrée, même si, a priori, toutes les spécialités pourront pratiquer la télémédecine. Quant aux patients concernés, ce seront, du moins dans un premier temps, les personnes en ALD (Affections de longue durée), les résidents en Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) et les habitants des zones médicales sous-dotées. D’autre part, le montant de cette « nouvelle » consultation ne devra pas être plus élevé que celui d’un rendez-vous classique chez le généraliste, soit 25 euros.


500 000 actes de télémédecine dès 2019 ?

Mais tout l’enjeu, tant pour les professionnels de santé que pour les patients, repose sur la question de la télé-expertise. Surtout pour les jeunes généralistes nouvellement installés. Eux « n’ont pas encore eu le temps de se constituer leurs réseaux de « spés », des contacts qui permettent souvent de raccourcir les délais d’attente, en tout cas pour l’obtention d’un simple avis », analyse Maxence Pithon. Ce dernier insiste d’ailleurs sur la formidable chance que pourrait représenter, en termes d’accès aux soins de la population, ce nouveau dispositif de vidéotransmission s’il offrait au médecin traitant la possibilité de proposer à ses patients un accès vraiment rapide au spécialiste dont il a besoin, « plutôt que de devoir attendre des semaines, voire des mois, pour obtenir un rendez-vous physique ». Quand ce n’est pas forcément nécessaire s’entend. Le législateur aussi a, semble-t-il, bien compris l’intérêt de la formule. Les annexes de la LFSS 2018 annoncent un objectif de 500 000 actes de télémédecine dès 2019. En attendant, les négociations conventionnelles doivent se poursuivre sur ce thème au rythme d’une réunion toutes les deux semaines. Pour quels résultats ? Réponse attendue le 29 mars, date butoir annoncée par le directeur général de l’Union nationale des caisses d’assurance-maladie (Uncam), Nicolas Revel.

(*) Retrouvez, sur lamedicale.fr, notre fiche conseil « Téléconsultation : comment vous y préparer »


Crédit photo : ©mitchphot

 

<< Retour à tous les articles

Installation en libéral

à PROPOS DE LA MÉDICALE

 

Parce que les professionnels de la santé ont aussi besoin que l’on prenne soin d’eux.

 

Partagez

Facebook Twitter LinkedIn Google + Viadeo email

 

© La Médicale de France 2018 - Tous droits réservés - Les assurances Médicale de France proposent des prestations spécifiques pour les métiers de la santé : découvrez les offres responsabilité civile pour professionnel de santé,la protection juridique du médecin, l'assurance emprunteur du professionnel de santé et les offres multirisques habitation pour protéger le lieu de travail.