Maisons de santé : État des lieux et perspectives

22/03/2018

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La Fédération française des maisons et pôles de santé tenait à Nantes, au début du mois, ses 7èmes journées nationales dédiées à lexercice pluriprofessionnel. Loccasion de revenir sur le chemin parcouru par ces structures qui ont profondément remodelé le paysage de loffre des soins primaires.


Une progression quasi exponentielle depuis leur création via la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) de 2007. En effet, si le territoire français ne comptait qu’une vingtaine de maisons de santé en 2008, quatre ans plus tard, on en recense déjà 235 et en 2015, on approche le millier. Aujourd’hui, le succès est, à l’évidence, toujours au rendez-vous.
Ainsi, selon la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS), il existe à ce jour 1033 sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires (SISA)*, « chacune pouvant rassembler une ou plusieurs maisons de santé », explique le président de la FFMPS, le Dr. Pascal Gendry. Par ailleurs, selon la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), 337 projets sont actuellement en cours de création. Et ces mêmes pouvoirs publics, cette fois par la voix de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ont annoncé leur volonté de doubler le nombre de structures existantes d’ici à 2022.


Révolutions des soins primaires

Pour le président de la FFMPS, il est clair que la révolution des soins primaires a déjà eu lieu. « Arriver à passer de l’exercice isolé à un modèle d’exercice collectif, avec d’autres professionnels de santé, tout en intégrant une fonction de coordination et le développement de missions de santé publique en termes de prévention et d’éducation thérapeutique… ce sont des changements substantiels, même s’ils ont demandé un peu de temps », analyse le Dr. Gendry. Surtout lorsqu’il a fallu attendre plusieurs années avant que le financement alloué par l’assurance maladie pour le suivi de ces nouvelles missions ne devienne pérenne. Car, de 2009 à 2017, ce qu’on a appelé les nouveaux modes de rémunération, ne fonctionnaient le plus souvent que dans le cadre d’expérimentations régionales (au nombre sans cesse croissant il est vrai), reconduites chaque année par la LFSS. Mais depuis avril 2017 et la conclusion de l’Accord conventionnel interprofessionnel (ACI), le financement est pérenne. Du moins jusqu’en 2022.


Score perfectible

À ce jour, 538 structures ont signé une convention avec l’assurance maladie pour toucher ce nouveau mode de financement, soit à peine plus de la moitié des Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) existantes. Un score « perfectible » reconnaissait d’ailleurs le directeur général de l’assurance maladie, Nicolas Revel, devant le millier de participants venus au congrès de Nantes... Avant que d’insister sur deux mesures importantes de l’ACI : le versement minimum de 20 000 euros destiné à garantir le financement de l’entité la première année d’une part et, d’autre part, un soutien financier accru pour les MSP qui accueilleraient des spécialistes prêts à venir quelques jours par mois afin d’y assurer des soins non programmés. Pour mémoire, le montant de la rémunération conventionnelle est estimé à environ 50 000 euros annuels pour une équipe de 15 professionnels de santé travaillant dans une MSP.


Et demain ?

Mais si ce montant moyen est conséquent, l’argent ne fait pas tout. Pour preuve, la réticence toujours réelle de nombreux professionnels de santé libéraux travaillant en maison de santé à rejoindre l’ACI. La crainte de devoir, in fine, rendre de plus en plus de comptes à l’assurance maladie ? Ou encore de voir l’exercice en MSP basculer progressivement vers le salariat ? Le Dr. Gendry tient à mettre les choses au clair. « Les maisons de santé sont et restent libérales, sinon, ça s’appelle un centre de santé ». Ce qui n’empêche pas de faire appel au bon sens et au pragmatisme. Avec la possibilité à terme de développer « une quotité de temps salarié » pour assurer, par exemple, les fonctions de coordination interprofessionnelles ? Les jeunes professionnels de santé semblent démontrer une appétence pour la formule. « Là où se constituent des MSP, les problématiques d’accès aux soins sont moins mises en péril qu’ailleurs », conclut Pascal Gendry. Tout l’enjeu sera de savoir quelles formes ces entités pourront prendre demain.


(*) Retrouvez dès la semaine prochaine sur lamedicale.fr, les modalités d’exercice au sein d’une maison de santé pluridisciplinaire.


Crédit photo : Adobe Stock

 

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