Les déserts médicaux : quelles évolutions et quelles réponses ?

21/12/2017

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La vision que lon a du désert médical change. Il ne se caractérise plus seulement par la pénurie de médecins dans telle ou telle zone. Cest désormais aussi, entre autres critères, linadéquation des médecins présents au profil de la patientèle dun bassin de vie... Lémergence dun désert médical à plusieurs facettes qui permettra un traitement mieux adapté


Jean Vilanova - 12 /2017


L’opportune redéfinition du désert médical

Le désert médical a longtemps et à juste titre été perçu comme un « désert tout court », dépourvu de services publics, de lieu de vie commune, de commerces. A ce stade, tout était simple. Le désert médical reflétait un abandon plus général de territoires.

Mais, avec le temps, une mutation a opéré. Et preuve s’il en était besoin de l’ampleur du phénomène ainsi que de sa préoccupante propension à s’étendre, le désert médical atteint désormais de nombreuses et larges zones urbanisées. Le temps n’est plus au constat de visu mais bien à l’action.

Mais agir sur quoi ? Et comment ?

Pour traiter, il faut connaître, ce qui exige ici de s’extraire du seul rapport quantitatif entre le nombre de professionnels de santé répartis sur un territoire et la population qui y vit ; un rapport aujourd’hui obsolète, chacun en conviendra.

On peut apporter une nouvelle définition du désert médical à partir de quatre critères précis :
- les besoins de soins en fonction de l’âge des habitants ;
- le temps d’accès par la route vers le médecin généraliste ;
- le volume d’activité des médecins ;
- l’âge de ces médecins afin de tenir compte des départs prévisibles en retraite.

A bien y réfléchir, ce nouveau cadre bouleverse la notion même de désert médical. Ainsi, deux territoires comptant le même nombre de médecins par habitants devront être abordés de façon différente si l’un deux, par exemple le second, se caractérise par une importante population de personnes âgées, davantage exposée à la maladie ou au handicap entraînant une forte demande vis-à-vis des médecins qui y exercent, donc une tension sur l’offre de soins.

Dans le premier cas, nous nous situons hors contexte de désert médical mais pas dans le second. D’ailleurs l’on pourrait tout autant additionner les dissymétries à partir des autres critères (accessibilité, âge…)

Maisons de santé pluri professionnelles, CESP, contrats de praticiens territoriaux de médecine générale, collaboration libérale, etc., il ne s’agit pas d’empiler en se précipitant les mesures mais de détecter, de façon raisonnée, celles qui offriront les meilleures réponses. D’où l’importance des actions « à la base ».

Le dernier plan gouvernemental

Présenté mi-octobre par le Premier ministre et la ministre de la Santé, le plan gouvernemental visant à renforcer l’accès territorial aux soins n’offre en soi aucune mesure spectaculaire ou réellement novatrice.

Mais là n’est pas le but. Ce qui compte, c’est l’efficacité, quand bien même celle-ci passerait par la réhabilitation ou l’ajustement de plusieurs recettes déjà éprouvées. De fait, il s’agit là de l’option choisie par le gouvernement.

Le renforcement de l’offre médicale devrait passer par un nouveau zonage permettant un ruissellement plus large vers ces territoires des aides conventionnelles ; un travail entrepris dans un premier temps en médecine générale avant de s’étendre à d’autres spécialités (ophtalmologie, pédiatrie, gynécologie médicale…)

Il est aussi question de conférer au cumul emploi/retraite un surcroît d’attractivité en relevant à 40 000 € le plafond de revenu annuel dans les zones sous-denses, ou encore de valoriser les consultations avancées dans de telles zones.
Le lien ville/hôpital doit être pérennisé par « les assistants partagés » pour lesquels on annonce la création de 300 postes. Quant aux internes intervenant en zones sous-denses en appui aux praticiens déjà sur place, ils seront placés sous statut de « médecin adjoint ».

Pour finir, évoquons la tarification de droit commun pour la télémédecine, la libération du temps médical (une absolue nécessité !) par le biais du travail coordonné en équipe et, bien entendu, le développement des maisons de santé. Le gouvernement table sur le doublement de leur nombre dans les cinq années à venir.


En conclusion…

Difficile à résumer en quelques lignes, ce plan offre-t-il enfin une perspective de réduction possible des déserts médicaux ? Nous verrons. Quoi qu’il en soit, la lutte contre ces déserts sera serrée, et de très longue haleine. On peut néanmoins amèrement regretter qu’elle n’ait pas été entreprise lorsqu’il en était encore temps. Aujourd’hui, il faut gérer l’urgence

 

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