Imagerie médicale : lintelligence artificielle en renfort

18/06/2018

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Alors que début juin, la communauté des radiologues annonçait vouloir créer « un écosystème français de lintelligence artificielle dédié à limagerie médicale, indépendant », la Société Française de Radiologie tenait la semaine suivante un atelier de réflexion sur le thème de lIA


La nouvelle est de taille. Et, in fine, pas seulement pour le domaine de la radiologie, même si c’est bien cette spécialité qui devrait ouvrir le bal de la médecine non plus 2 mais 3.0. En effet, au début du mois de juin, à l’issue d’un séminaire de réflexion consacré à l'intelligence artificielle (IA) intitulé « rêve ou cauchemar », la Fédération Nationale des Médecins Radiologues (FNMR) et la Société Française de Radiologie (SFR) ont dévoilé un projet inédit d'« écosystème français de l'IA dédié à l'imagerie médicale ».

Un big data de 500 millions de dossiers

Concrètement, l’idée est de s’appuyer sur la masse de données disponibles au sein des services d’imagerie médicale français depuis ces cinq dernières années, à travers notamment, les dossiers médicaux de radiologie. Un big data fort de 500 millions de dossiers, qui regroupe à la fois des dossiers images et des comptes rendus médicaux archivés. L’étude de ces derniers devrait ainsi permettre à l’intelligence artificielle « de développer des algorithmes d’analyse avancés (« deep learning ») plus efficaces et ce faisant, d’obtenir de meilleures performances dans le diagnostic », estimait le Dr. Marc Zins, chef du Service de Radiologie de l’Hôpital Saint-Joseph (Paris), lors des « mardis de l’imagerie » tenus par la SFR, en présence de représentants de patients et de confrères radiologues. L’objectif de cette réunion ? Réfléchir aux conséquences tant éthiques que pratiques de l’introduction de l’IA dans la chaîne du soin.

Plus de temps pour les patients ?

Ce qui apparaît en tout cas clair, c’est que la profession voit les technologies émergentes d’un œil plutôt favorable. Du moins au regard des résultats de l’enquête « Enjeux des technologies émergentes en radiologie », menée au cours de l’été 2017 par la SFR auprès de ses membres. Qu’ils soient spécialistes de l’imagerie diagnostique ou interventionnelle, ces derniers déclaraient y voir un triple avantage. Ainsi, pour 74% des répondants, « l’enjeu prioritaire est de répondre à la demande croissante d’imagerie. Pour 70%, il s’agit en second lieu de s’informer et d’utiliser les nouvelles technologies. Enfin, pour 67%, ces nouvelles technologies permettront d’améliorer la qualité et la standardisation des diagnostics ». Tandis que la communauté des radiologues hospitaliers mettait en avant, à 70%, « la réduction des demandes inappropriées en imagerie ». D’ailleurs, selon le Dr. Zins, également Secrétaire Général de la SFR, l’appel à l’intelligence artificielle présente aussi l’avantage de permettre aux radiologues, délestés ainsi d’une partie du temps analytique dévolu à l’imagerie, de consacrer « plus de temps à leurs patients ». Bref, en forme de paradoxe, l’utilisation des machines renforcerait la dimension humaine de la médecine.

Reste à savoir comment ce système français, qui ne se conçoit que comme indépendant des Google, Amazon, et autres Facebook, se mettra en place. Avec quelles ressources ? Sous quel cadre législatif et éthique ? Réponse annoncée pour l’horizon 2020.


Crédit photo : Adobe Stock

 

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